PREAMBULE

La réalisation de ce Travail personnel de Fin d’Etudes au sein de l’ecole d’Architecture et de Paysage de Bordeaux intervient à un moment de mon existence où une multitude de questions s’entremêlent dans mon esprit: En premier lieu, depuis la naissance de mon premier enfant en 2006 un besoin pressant de stabiliser ma situation professionnelle se fait sentir. Il est temps pour moi de terminer mes études et de mettre un point final aux sous traitances diverses et aux petits projets de maîtrise d’oeuvre quelques peu bricolés (surtout d’un point de vue administratif et légal) qui sont mon pain quotidien depuis près de 10 ans.

D’autre part l’explosion médiatique des problèmes environnementaux, allant crescendo depuis quelques années, m’a petit à petit amener à me me renseigner sur ce qui, dans le domaine de l’architecture, pourrait rendre moins nocives pour l’environnement nos constructions existantes et futures.

En réalité certains de mes centres d’interet comme l’architecture bioclimatique, la construction bois, la production d’énergies renouvelables étaient présents dans mes travaux d’étudiant mais de manière chaotique, anecdotique, non reliés entre eux. Le puzzle commence maintenant à s’assembler et je dois avouer que je n’imaginais pas avant de m’immerger réellement dans le sujet que mon interet pour la construction écologique allait largement dépasser le domaine de l’architecture, jusqu’à me donner une profonde envie de changer de manière de vivre. Jusqu’à présent mon existence était loin d’être un modèle de respect pour l’environnement et il me reste beaucoup de chemin à parcourir avant de reduire suffisament mon empreinte écologique mais j’y travaille chaque jour…

 

 

 

1. INTRODUCTION

 

 

 

« La cinquième extinction, qui s’est produite au Crétacé, il y a 65 millions d’années , avait vu la fin des dinosaures et autres grosses bêtes, probablement à la suite du choc d’un astéroïde, mais elle s’était étalée sur une période beaucoup plus longue.

A la différence des précédentes, l’homme est directement responsable de la « déplétion » actuelle du vivant et pourrait bien en être la victime… S’il on en croit le rapport du professeur Belpomme sur les cancers et les analyse du professeur Narbonne, toxicologue renommé, la fin de l’humanité devrait arriver plus rapidement que prévu, vers 2060, par stérilité généralisée du sperme masculin sous l’effet des pesticides et autres POP ou CMR (pour les toxicologues, les POP sont les polluants organiques persistants, dont les CMR -cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques- constituent l’espèce la plus sympathique).

Après quelques décennies de gaspillage frénétique, nous sommes entrés dans la zone des tempêtes, au sens propre comme au sens figuré… L’accélération des catastrophes naturelles -sècheresses, inondations, cyclones- est déjà à l’oeuvre. Le déreglement climatique s’accompagne de guerres du pétrole, qui seront suivies de guerres de l’eau, mais aussi de possibles pandémies, sans parler de catastrophes biogénétiques prévisibles. Nous savons tous que nous allons droit dans le mur. Reste à déterminer à quelle vitesse nous nous y précipitons et quand se produira le grand clasch. Selon Peter Barret, directeur du Centre de recherche pour l’Antartique à l’université de Victoria en Nouvelle Zélande, « la poursuite de la dynamique de croissance actuelle nous met face à la perspective d’une disparition de la civilisation telle que nous la connaissons, non pas dans des millions d’années, ni même dans des millénaires, mais d’ici à la fin de ce siècle ». Quand nos enfants auront 60 ans, si le monde existe encore, il sera bien différent…

 

Serge Latouche : « Le pari de la décroissance » Fayard 2006.

 

Parmi toutes mes lectures sur les problèmes liés à la dégradation de l’environnement je n’ai pas trouvé pire scénario catastrophe que celui-ci et il me semble bon de le garder à l’esprit car, même si toutes ces spéculations se révèlaient fausses dans un futur proche, il me semble necessaire de forcer notre imaginaire à envisager le pire pour agir vite et plus que necessaire.

Le domaine de l’architecture offre la possibilité d’agir concrètement pour corriger les erreurs de ce proche passé où nos sociétés occidentales ont puisé dans les ressources naturelles -dont une majorité non renouvelables- sans la moindre hésitation et ce malgré les alertes déjà nombreuses à la fin des années 60.

En France le secteur du bâtiment est à l’origine de 46% de la consommation d’énergie fossile et de 27% des rejets de CO2 dans l’atmosphère. Donc ce secteur contribue grandement aux emmissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Malgré de réels efforts depuis 30ans qui ont permis de faire progresser l’efficacité énergétique des bâtiments (meilleurs chauffages, meilleures isolations), il reste cependant beaucoup à faire si nous voulons obtenir une division par 4 des emissions des gaz à effet de serre. Mais le réchauffement climatique induit par ces rejets exponentiels de GES n’est que la face visible ,et maintenant quasi unanimement admise par les scientifiques, des problèmes qui nous attendent :

En effet l’industrie chimique et pétrochimique -à l’origine de 80% des objets dont nous pensons avoir besoin chaque jour- agit depuis plus d’un siècle sans prendre toutes les précautions nécessaire à notre bonne santé, le scandale de l’amiante en est une preuve récente et il est à parier que nombreux sont les produits comme les colles, les solvants et autres matériaux isolants, à nous réserver d’aussi mauvaises surprises dans les années à venir.

 

Cependant, il existe des centaines de solutions, de pistes de recherche, pour ne plus aggraver le phénomène et même l’enrayer. Même nos gouvernants se sont mis (modestement..) à la tâche.

 

Le projet d’architecture proposé en même temps que ce mémoire est une première expérience d’habitat qui sera loin de satisfaire les plus fervents défenseurs du développement durable (car il s’agit d’un habitat individuel posé en pleine nature alors que l’habitat collectif en zone urbaine semble être une meilleure réponse aux problèmes environnementaux.), mais nous sommes en France et le culte voué à l’accession à la propriété individuelle m’oblige à réfléchir en premier lieu au type de construction neuve majoritairement construite pour le logement.

Ce projet a une double fonction:

En premier lieu il est l’occasion de redécouvrir notre environnement, la végétation, les matériaux à l’état primaire, le climat. « La Terre… Combien sommes nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons toute notre vie, quand nous ne sommes pas confinés dans des agglomérations hors sol qui nous la rendent encore plus étrangère? ». « Notre lien à la Terre est si intime, si vital, que rien ne peut le résilier. La conscience et l’entendement devraient permettre à l’humain de comprendre, de ressentir, de s’enchanter de cet ordre et donc de le respecter et d’en prendre soin avec humilité et compassion. »

Pierre Rabhi – « Conscience et environnement » Le Relié 2006.

La conception de cet habitat induit donc la compréhension de des éléments naturels afin de le transformer au gré des saisons pour y trouver le confort dont nous avons besoin.

Dans un second temps -cet habitat étant complètement déconnecté des réseaux d’énergie et d’eau potable- il est l’occasion de mesurer quels sont nos réels besoins pour parvenir à un niveau de confort acceptable (se laver, se nourrir, se chauffer, communicer…) sans pour cela retourner à l’âge des cavernes mais peut-être vivre plus simplement.

 

Mais avant de proposer cette possibilité d’habiter il semble important de revenir sur l’origine des problèmes liéés à l’habitat -Une des toutes premières nécessité de l’être humain- et sur les précurseurs dans le domaine de l’architecture qui ont dès le XIXème siècle et tout au long du XXème perçu les problèmes qu’allaient engendrer notre mode de vie moderne et ont commencé à proposer des solutions dont nous devons nous inspirer et que nous devons continuer à explorer. C’est le thème de la première partie de mémoire où seront décrites les démarches de certains architectes dont j’ai fait volontairement une selection restreinte que ce soit parce qu’ils traitent essentiellement du sujet de l’habitat ou parce que leur architecture m’est plus familière: Rennie Mackintosh, Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, et plus récemment Glen Murcutt…

Dans une seconde partie toutes les solutions techniques ou non qui sont à notre disposition seront explorés de manière la plus exhaustive possible: L’architecture bioclimatique, les techniques de construction écologique, les énergies renouvelables, les moyens pour économiser l’énergie… Au fur et à mesure certains de ces éléments seront selectionnés pour « construire » le projet d’habitat de ce diplôme et d’autres seront écartés.

 

Une fois le projet mis au point il semble essentiel de se demander pourquoi ces solutions ne sont pas systématiquement utilisées dans le domaine de l’habitat et quel sont les freins à une telle démarche, que ce soit pour des raisons de coùt, d’habitude, ou de simple désintéret collectif.

 

Le projet doit enfin permettre à son habitant de lui faciliter tout les gestes quotidiens propices au respect de l’environnement et à l’économie des ressources naturelles: l’analyse de notre mode de vie est nécessaire afin de proposer une nouvelle manière d’habiter « éco-logique ».

Précision

mars 12, 2007

Ouverture de ce blog aujourd’hui pour mettre en ligne mon TPFE et son avancement, ce blog est plus particulièrement adressé aux professeurs en charge de suivre mon diplôme.

Vous pouvez déjà voir la FACADE NORD